mardi 9 mars 2010

Critique du film "The Ghost Writer"

Genre: very few good men (note: ***/****)

Réal. Roman Polanski
Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall, Tom Wilkinson, etc.

Dès la première image le ton est donné : ce sera grisaille et sobriété. L'action se passe sur une île venteuse et quasi-déserte de Nouvelle Angleterre, au large de Boston. Là, vit un ancien Premier Ministre britannique, cloîtré dans une maison high-tech comme on s'enterre dans un bunker. Il est entouré de son ancienne équipe du 10 Downing Street avec à sa tête son ancienne assistante personnelle (surprenante Kim Cattrall tout en sobriété dans une performance à l'opposé de la flamboyante Samantha Jones de Sex & the City) et accueille le nouveau "ghost writer" qui va être chargé de terminer le manuscrit de ses mémoires, laissé en plan pour cause de mort soudaine et inexpliquée du ghost writer précédent, finalement plus ghost que writer...

On se rend vite compte que les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être et on suit l'enquête obstinée du nègre avec autant d'appréhension et de curiosité que lui. On découvre en même temps que lui les pièces du puzzle, une par une. Le suspens et le mystère sont à couper au couteau. A chaque scène, à chaque coin de rue, à chaque virage d'une route ventée et déserte, on s'attend à sursauter. On ne sursaute pas, on est juste happés par cette quête intense et passionnante de la vérité. Qui est qui ? Qui manipule qui ? On ne le saura vraiment qu'à la fin.

Le film dresse un portrait des hommes de pouvoir au plus haut niveau de l'état, britanniques en particulier, à vomir. A la solde de la Maison Blanche, une simple marionnette sans épine dorsale, ni idéaux, ni valeur morale.

Ewan McGregor porte le film sur ses épaules et il en a la carrure : il est parfait, toujours juste entre scepticisme, méfiance et soif de vérité. Au final, il n'aura pas fait le bon dosage entre les trois. Mais le film tient aussi et surtout par son supporting cast tout simplement fabuleux. Olivia Williams est ambigue à souhaits, entre épouse trahie et manipulatrice de l'ombre, on hésite (presque) jusqu'au bout. Tom Wilkinson, un acteur spécialisé dans les seconds rôles de la trempe d'un Gene Hackman. Il n'a que quelques scènes mais elles sont clés et il y est impeccable comme d'habitude. Quant à Pierce Brosnan, il réussit à nous faire oublier tout son capital sympathie 007 pour n'apparaître que comme un pion aux ordres de Washington, tentant désespérant de redorer son blason en réinventant ses souvenirs pour écrire ses mémoires.

Le monde tel que Polanski nous le décrit ici ne donne pas beaucoup envie d'y vivre... Une poignée de businessmen milliardaires en voulant toujours plus, prêts à toutes les corruptions, à tous les mensonges, à toutes les manipulations, à tous les crimes pour se hisser toujours plus haut sur l'échelle de leur compte en banque. Et à leur solde, des politiciens verreux qui ont oublié depuis longtemps qu'ils s'étaient peut-être un jour lancés dans la politique pour faire quelque chose de bien. Où sont-ils les vrais hommes (ou femmes) d'honneur, de valeur, de courage ? Où sont-ils donc...
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1 commentaire:

Anonyme a dit…

tres tres bonne critique et bien ecrite en plus :)
Marj