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mercredi 27 mai 2026

The Madison

Série (2026) créée par Taylor Sheridan, avec Michelle Pfeiffer, Kurt Russell, Beau Garrett, Patrick J. Adams.

J'aurais tellement aimé aimer cette série... Pour Michelle Pfeiffer que j'adore et qui n'avait pas tourné depuis très longtemps, pour les grands espaces grandioses du Montana mis en avant dans la bande-annonce, pour Beau Garrett (découverte dans A Girlfriend's Guide to Divorce il y a une dizaine d'années), pour la belle gueule burinée de Kurt Russell, pour Patrick "Mike Ross" J. Adams. Et pour New York.

Hélas, quelle déception. Tout n'est que clichés, pathos, stéréotypes. Les personnages sont extrêmement mal écrits, masculins comme féminins, de la ville comme de la nature sans distinguo (mention spéciale au personnage de la fille cadette, jouée par Elle Chapman, à qui on a envie de coller une bonne paire de claques dès qu'elle ouvre la bouche). Tout est premier degré, aucune subtilité, aucune finesse d'écriture, le trait est bien bien épais. Michelle Pfeiffer s'en sort assez bien mais elle en fait des caisses dans la tragédie grecque. Patrick J. Adams est l'ombre de lui-même et semble s'emmerder ferme et ne pas croire une seconde à ce qu'il raconte. Beau Garrett m'avait laissé un bien meilleur souvenir dans AGGTD, ici bof. Le seul qui s'en sort plutôt pas mal est Will Arnett. 

Heureusement, il y a le Montana. Sublime dans toute son immensité, ses plaines à perte de vue, son silence et sa sérénité, son dégradé de couleurs chaudes, sa ruralité et sa rivière (the Madison) pendant parfait de la forêt de verre et d'acier d'un New York en noir et blanc (jusque dans l'appartement upper east side du couple joué par Michelle et Kurt), bouillonnant de stress citadin, et de sa rivière de bitume du même nom (Madison avenue). 

Malgré tout ça, étonnamment, les notes sur IMDB sont bonnes et Paramount+ a validé une deuxième saison. La question est : la regarderai-je...? On verra.

F/.


mardi 11 mai 2021

Critique du film "The Invisible Guest" (Contratiempo)

Genre: the unusual suspect (note: ***/****)


Accusé du meurtre de sa maîtresse, Adrian Doria, un riche entrepreneur barcelonais, n'a que trois heures pour préparer une défense imparrable avant son procès. Sur les conseils de son avocat, il fait appel à la meilleure consultante en la matière mais se retrouve bientôt à lui raconter bien plus qu'il ne devrait.

Après avoir regardé et beaucoup aimé la mini-série "El Inocente", du même réalisateur (Oriol Paulo) et avec deux des acteurs (Mario Casas et Ana Wagener), nous voilà devant "Contratiempo" réalisé cinq ans plus tôt. On lui trouve immédiatement les mêmes qualités : réalisation sobre et superbe, ambiance envoûtante, des acteurs au top et une histoire bien écrite et bien menée qui nous emporte dès les premières minutes d'un montage au cordeau. On veut savoir ce qui s'est passé, on veut comprendre le fin mot de l'histoire. Le héros n'est pas au bout de ses surprises et... nous non plus.

Je ne peux en dire plus sans déflorer le dénouement du film. Je ne peux que chaudement le recommander !

F/.



samedi 23 janvier 2021

Critique de la série danoise "The Investigation"

Genre : c'est le Nord (note : ***/****)


Elle s’appelait Kim Wall. C’était une journaliste suédoise indépendante. Elle est morte à 30 ans, assassinée par un Géotrouvetou danois qu’elle était venue interviewer, à bord d’un sous-marin artisanal qu’il avait construit.

Cette superbe série danoise suit l’enquête minutieuse incroyable de la police danoise. Un flic taciturne qui ne lache rien, son équipe jeune, dédiée, déterminée et des plongeurs de la marine nationale extraordinaires finiront par faire tomber l’assassin. Son nom ? Pas une fois il n’est prononcé dans les six épisodes. Volontairement. Parce que le héros de cette histoire (vraie), ce n’est pas lui. Les héros ce sont Kim Wall, ses parents et l’équipe de police.

F/.

mardi 26 mars 2019

Absentia

Genre: à oublier (note: 0/****)


Série US - 2017
Créée par Matthew Cirulnik et Gaia Violo
Directeur de la photographie Nadav Hekselman
Avec Stana Katic, Patrick Heusinger, Angel Bonnani, Cara Theobold, Neil Jackson, Ralph Ineson, Patrick McAuley, Warren Byrne, etc.

L'agent duu FBI Emily Byrne est retrouvée, six ans après avoir été kidnappée, en vie alors que tout le monde la croyait morte. Sa mémoire de ce qui s'est passé est en lambeaux. Que lui est-il arrivé ? L'homme jugé et condamné pour son enlèvement et son assassinat est-il le vrai coupable ? Aidée de son mari (FBI lui aussi qui, la croyant morte, a refait sa vie et donné une nouvelle mère à leur jeune fils) et d'un flic local, tous deux un coup la croyant innocente, un coup la croyant coupable, elle va essayer de résoudre ce mystère tout en se demandant si elle peut renouer avec son fils (et son mari) et surtout en essayant de prouver qu'elle n'est pas l'assassin de toutes les personnes qu'elle a soupçonnées à un moment ou à un autre et qui, curieusement, sont exécutées les uns après les autres depuis qu'elle a été retrouvée.

Vous trouvez ce résumé mal écrit et ça ne vous donne pas vraiment envie de visionner la série ? C'est normal. Ce résumé traduit exactement l'impression que m'a laissé Absentia : bâclée, clichée, mal jouée, avec des longueurs à n'en plus finir (six épisodes auraient suffi).

J'avais bien aimé Stana Katic dans le rôle qui lui a apporté la célébrité, celui de Kate Beckett dans "Castle" et Patrick Heusinger était plutôt pas mal dans le (second) rôle du frère homosexuel de Lisa Edelstein dans "A girlfriend's guide to divorce". Ici, ils sont en pilote automatique avec deux expressions faciales (elle bouche entrouverte, lui sourcils froncés) et ne font que courir et pleurer sur les dix épisodes. Pour le flic bostonien c'est pire : plus cliché tu meurs, sapé comme s'il était Columbo undercover chez les narcos depuis dix ans, l'air d'être tombé du lit à chaque scène et un jeu d'acteur au ras des pâquerettes. La série collectionne les invraisemblances, les stéréotypes et prend des raccourcis (sauf avec le nombre d'épisodes) qui finissent par rendre le tout risible.

Seuls le directeur de la photographie (angle de vue de certaines scènes et jeu d'ombres et lumière bien fait) et l'acteur Warren Byrne (très bien dans le rôle du père d'Emily Byrne) relèvent le niveau. C'est mince.

J'ai quand même tenu jusqu'au bout, en partie parce que je pensais qu'il n'y avait que huit épisodes (je me suis rendu compte à la fin du huitième qu'il y en avait deux autres...) et en partie parce que je voulais quand même connaître le fin mot de cette histoire abracadabrantesque. Mais le dénouement est à l'image du reste. Dommage car le premier épisode était bien.

Les critiques sur IMDb sont très clivées. La saison 2 est sur le point d'être diffusée. Comme quoi.
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mercredi 21 novembre 2018

Le Bodyguard de la BBC

Attachez votre ceinture et prenez une grande respiration parce que vous allez passer les vingt premières minutes du premier épisode de cette super série de la BBC en apnée, collé à votre fauteuil, à 120 pulsations minutes. Le suspens commence là, dès la première scène, il va vous avaler tout crus pour vous recracher six épisodes plus tard, un peu sonnés mais enthousiastes.

Six épisodes d'un peu moins d'une heure pour retranscrire pour le petit écran (qui a ici tout du grand) l'histoire de David Budd, garde du corps de la Ministre britannique de l'Intérieur, en pleine période de menace terroriste. Casting impeccable, réalisation sans fioriture, je n'avais pas pris une aussi grosse claque télévisuelle depuis "The Night Manager", aussi produite par la BBC. Tiens, tiens...

Vous avez une heure devant vous et envisagez de visionner le premier épisode "pour voir" ? Prévoyez-en plutôt six car une fois lancés, vous ne pourrez plus vous arrêter.

PS: non non, ce bodyguard n'a rien à voir avec Whitney ou Kevin, rien du tout.


Bodyguard - Série UK en 6 épisodes (note : ***/****)
Créée par Jed Mercurio
Réalisée par Thomas Vincent (épisodes 1 à 3) et John Strickland (épisodes 4 à 6)
Avec Richard Madden, Keeley Hawes, Gina McKee, Nina Toussaint-White, Ash Tandon, Sophie Rundle, Paul Ready, Stephanie Hyam, etc.
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dimanche 30 avril 2017

Younger

Genre : 40 is the new 26 (note: ***/****)


Série US - 2015
Créée par Darren Star
Avec Sutton Foster, Hilary Duff, Debi Mazar, Miriam Shor, Nico Tortorella, Peter Hermann, Molli Bernard, etc.

Le postulat de départ est hautement invraisemblable mais on s'en fout parce que tout le reste est top !

Liza a 40 ans, un mari, une fille, une maison dans le New Jersey mais plus de carrière depuis vingt ans. Le mari parti avec une autre, la fille à l'autre bout du monde, Liza emménage à Brooklyn chez sa meilleure amie et se remet sur le marché du travail, où elle découvre bien vite que son âge est un sérieux handicap. Un malentendu dans un bar avec un millenial dragueur et sexy lui donne une idée vieille comme le monde : mentir sur son âge. Et ça marche ! Elle décroche en même temps un job dans une maison d'édition de Manhattan et le coeur du millenial. Ainsi commence pour elle une nouvelle vie d'aventures et... de mensonges.

Après Sex & the City, Darren Star nous aura bien fait poireauter avant de nous offrir une autre série de qualité ! Mais on ne lui en veut pas car qualité ici il y a, à tous les étages : l'écriture est pleine d'esprit, vive comme un tweet et profonde comme un traité de philosophie. Les actrices sont géniales, les acteurs ditto, tout le monde est beau à tomber. New York est toujours aussi photogénique et, question garde-robe, Liza Miller n'a pas grand chose à envier à Carrie Bradshaw (merci Patricia Field !).

Mais Younger c'est bien plus que ça. Younger parle d'amour, d'amitié, de carrière et de fossé générationnel (ou pas). L'amitié entre Liza et sa BFF/coloc lesbienne Maggie (Debi Mazar, formidable) est profonde et réaliste. C'est une amitié comme on en rêverait toutes : sincère, sans jugement, qui donne et n'attend rien en retour. Une amitié à la "Parce que c'était elle, parce que c'était moi".

Côté acteurs : Sutton Foster est tout simplement géniale (et une vraie découverte pour moi). Plus familière des planches de Broadway que des plateaux de séries télé, sa formation théâtrale lui permet de jouer de son corps (de rêve !) et de sa voix. Ses grimaces/mimiques sont impayables. Elle est parfaite. Hilary Duff qui joue sa collègue de travail devenue amie est d'un naturel impeccable. Miriam Shor, sa boss directrice Marketing, est sensationnelle en businesswoman quadra coincée qui veut réussir, hyper compétente, très pro, parfois maladroite, dotée d'un humour cynique qui cache un coeur d'or. Mention spéciale à Mollie Bernard, formidable en PR survoltée, déjantée, croquant la vie à belles dents et que rien ne semble perturber.

Quant à la cerise sur le gateau, elle est double : à ma gauche Nico Tortorella (#teamJosh), jeune, sexy, une allure de bad boy mais un coeur pur qu'il cache sous des tatouages faits maison ; à ma droite Peter Hermann (#teamCharles - accessoirement monsieur Mariska Hargitay à la ville), 1m95 de charme et d'élégance, un sourire et un regard bleu acier à tomber. Entre les deux, le coeur de Liza balance.

Chaque épisode de Younger c'est un concentré (20 minutes à peine) de charme, de peps, d'optimisme et de bonne humeur. Hautement addictif mais à regarder sans modération.
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Vivement le 28 juin pour la saison 4 !
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dimanche 20 novembre 2016

Timeless

Genre : retour vers le futur (note: */****)


Série US - 2016
Créée par Eric Kripke et Shawn Ryan
Avec Abigail Spencer, Matt Lanter, Paterson Joseph, Sakina Jaffrey, Goran Visnjic, etc.

J'ai commencé à regarder à cause d'Abigail Spencer que j'avais adorée dans Suits.

La série suit les aventures et mésaventures d'un trio composé d'une historienne, un ancien GI et un ingénieur aéronautique noir (la couleur de peau a son importance) voyageant dans le temps pour empêcher un groupe de terroristes de changer l'histoire.

Dans le pilote, on assiste au kidnapping d'une machine à remonter le temps et de son inventeur par une bande de bad guys. Heureusement, la machine dérobée était la version ultime mais le groupe d'ingénieurs l'ayant fabriquée a eu la bonne idée de conserver une version précédente qui garde le lien avec le vaisseau mère façon iCloud. Moins performante bien sûr, mais encore suffisamment pour permettre aux good guys de partir à leur poursuite dans le temps. Genre iPhone 7 vs iPhone 5 : la version 5 permet encore de téléphoner.

Le côté sympa et fun, c'est la revisite de certains moments de l'histoire des Etats-Unis et de l'Europe. L'historienne est là pour garantir que tout sera fait selon les us et coutumes des époques visitées mais aussi et surtout pour s'assurer que rien de ce qu'ils feront dans le passé n'altèrera le fil de l'histoire afin qu'ils puissent revenir dans un 2016 intact. Evidemment dès le premier épisode, ça ne se passe pas vraiment comme ça et l'historienne paye personnellement le dérapage historique d'un de ses compagnons de voyage...

Les quatre premiers épisodes nous promènent en vrac de Lincoln à Kennedy en passant par Hitler et un accident de dirigeable dans les années 30. La structure de chaque épisode est la même : ils repèrent le moment et le lieu de l'atterrissage du vaisseau mère et y expédient le trio de gardiens de l'histoire dans l'autre machine afin de contrecarrer les plans des insurgés.

Tout ça se laisse voir sans déplaisir. Les acteurs ne sont pas désagréables et les reconstitutions tiennent la route. Evidemment, l'enjeu n'est pas seulement de préserver l'Histoire telle qu'on la connaît mais surtout de comprendre l'objectif (probablement dangereux, voire funeste) du cerveau de l'affaire afin de l'empêcher de le réaliser. Et c'est là que le bât blesse car au lieu d'aller naviguer à vue dans les méandres de notre passé, n'aurait-il pas été plus simple de remonter le temps jusqu'aux cinq minutes précédant le kidnapping de la machine et de son inventeur afin de l'empêcher ? C'est sûr que, dans ce cas, un épisode aurait suffit mais bon, du coup, une fois qu'on a réalisé ça, notre œil se fait un peu plus goguenard.
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mercredi 30 mars 2016

James Bond contre Dr House

Son nom est Pine, Jonathan Pine (Tom Hiddleston, un 007 en puissance). Ancien soldat de sa gracieuse Majesté ayant servi en Irak, il a pris sa retraite de l'armée en devenant le Manager de Nuit d'un palace au Caire où il a la mauvaise idée de fricoter avec la petite amie d'un caïd local qui, elle, a la (très) mauvaise idée de mettre son nez dans les affaires du monsieur. S'en suit beaucoup d'hémoglobine et de solution lacrymale.

Sans transition on retrouve Mister Pine, 4 ans plus tard, Manager de Nuit d'un hôtel classe mais paumé des alpes suisses où il retrouve "comme par hasard" un homme d'affaires britannique, Richard Roper (Hugh Laurie, débarrassé de son accent US et de sa barbe de trois jours - traduire: moins sexy) bon samaritain de l'humanitaire côté face, trafiquant d'armes côté pile, qu'il rend responsable de la mort de la jeune femme citée plus haut. S'en suit un recrutement express par une agente finaude du MI-6 (Olivia Colman, impec) qui voit en Pine le moyen le plus sûr de faire tomber Roper.

Excepté un postulat de départ un peu faiblard (l'origine de la motivation de Pine et le subterfuge pour réussir à infiltrer l'entourage de Roper sont assez peu crédibles), la mini-série a beaucoup de qualités. La réalisation déjà, au cordeau. Il faut dire que derrière la caméra, il y a du lourd : Susanne Bier, réalisatrice danoise oscarisée en 2011 pour Revenge (Meilleur Film Etranger), dont j'avais déjà adoré deux précédentes réalisations : After the wedding (avec Mads Mikkelsen) et Love is all you need (avec Pierce Brosnan).

Tourné comme un James Bond (le générique donne le ton d'entrée), The Night Manager excelle à créer une ambiance dès le premier épisode grâce en partie à une photographie superbe et des décors grand luxe grandioses, comme si toute la laideur d'âme de Roper pouvait être atténuée par la beauté à couper le souffle des paysages.

Susanne Bier a réuni un casting cinq étoiles. Deux têtes d'affiche plus-charismatiques-tu-meurs,  Tom Hiddleston et Hugh Laurie dont on peut noter que dans la vraie vie ils ont le même cursus académique (Eton et Cambridge, rien que ça), entourés d'un supporting cast de rêve : Olivia Colman (déjà formidable dans Broadchurch), David Harewood (vu dans Homeland), la statuesque un brin déjantée Elisabeth Debicki, Tom Hollander, et une très brève mais capitale apparition d'Aure Atika.

Quand on voit ce genre de production pour le petit écran, on se dit qu'il n'a clairement plus grand chose à envier au grand.


The Night Manager - minisérie US/UK en 6 épisodes (note : ***/****)
Basée sur un livre de John Le Carré
Réalisée par Susanne Bier
Avec Tom Hiddleston, Hugh Laurie, Olivia Colman, Elizabeth Debicki, Tom Hollander, David Harewood, Alistair Petrie, Noah Jupe, etc.

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mardi 29 mars 2016

The People vs O.J.

Genre: Absolutely 100% TV reality (note: */****)


La mini-série a la bonne idée de commencer par nous rappeler les émeutes de Los Angeles fin avril 1992 qui ont fait suite à l'acquittement de quatre policiers blancs accusés d'avoir tabassé un automobiliste noir, Rodney King. Bonne idée car là est la clé d'un verdict surprenant qui tombera près de trois ans et demi plus tard dans une affaire qui, à première vue, n'a rien à voir avec Rodney King.

Comment rendre attractif un téléfilm basé sur une affaire criminelle véridique dont le monde entier sait déjà tout, qui a déjà été montrée sous toutes les coutures, qui n'a quasiment plus aucun secret pour personne ? Réponse : en lui donnant un casting en béton armé.

Réalisé comme un documentaire, "American Crime Story: The People vs OJ" combine des scènes déjà vues en vrai à la télé et recrées ici pour la fiction (la poursuite de la Bronco, la conférence de presse de Robert Kardashian, les scènes au tribunal) à tout ce qui s'est passé en coulisses, hors caméra, basé sur témoignages et procès-verbaux.

On apprend comment Johnnie Cochran (Courtney B. Vance, plus vrai que nature) intègre la fameuse Dream Team d'avocats qui parviendront, au bout d'un procès fleuve et ultra-médiatisé, à faire acquitter un client qui avait pourtant écrit "100% coupable" sur le front en lettres de feu.

L'occasion aussi de revenir aux origines de la "célébrité" d'une famille, les Kardashian-Jenner, aujourd'hui plus médiatisée que les Windsor...

Je pensais en avoir soupé de l'affaire OJ Simpson, en fait non. Grâce au casting cinq étoiles (seul Cuba Gooding Jr ne convainc pas totalement, ne serait-ce que par la différence de stature) je me suis laissée reprendre, 21 ans plus tard, alors que j'habitais aux Etats-Unis à l'époque du procès et que je l'avais suivi en live tous les jours.
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mercredi 23 mars 2016

House of Cards (saison 4)

Note: */****

De plus en plus sombre au propre comme au figuré (le bureau ovale devient aussi noir que l'âme de Frank Underwood), de plus en plus glauque voire malsain, de plus en plus invraisemblable aussi.

Mais Robin Wright est impressionnante.
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dimanche 2 août 2015

The Affair

Genre: True blue (note: ***/****)


Série US - Showtime - 2014
Créée par Hagai Levy & Sarah Treem
Avec Dominic West, Ruth Wilson, Maura Tierney, Joshua Jackson, Darren Goldstein, Mare Winningham, Victor Williams, John Doman, Kathleen Chalfant, Deirdre O'connell, Julia Goldani Telles, Colin Donnell, etc.

L'été arrive et Noah Solloway, sa femme Helen et leur quatre enfants quittent leur brownstone de Brooklyn pour leurs vacances estivales dans les Hamptons, chez ses riches parents à elle, comme tous les ans. Au moment de monter en voiture, l'aîné des fils est introuvable. Noah retourne dans la maison pour le chercher et le retrouve d'une façon qui donne un grand coup de poing dans l'estomac. Le "la" est donné, on n'est pas là pour rigoler. Pas de second degré.

Après avoir consacré sa première demi-heure à Noah, l'épisode consacre la seconde à Alison. Les autres feront de même : les scènes se chevauchent, selon ses souvenirs à lui puis selon les siens à elle, bien souvent dichotomiques.

Assez rapidement on se rend compte que l'histoire entre Noah et Alison qui se déroule sous nos yeux se passe en fait dans le passé. Le présent est une enquête de police suite à une mort accidentelle que le détective semble vouloir requalifier en meurtre. Qui est mort ? Il faudra attendre la moitié de la série pour le savoir. Comment ? Quelques épisodes de plus. L'histoire entre Noah et Alison a-t-elle débouché sur quelque chose ? On le saura tout à la fin.

"The Affair" est une série remarquable à plus d'un titre. Par son écriture déjà, sans fioriture, réaliste, clinique, vraie. Par sa réalisation et son montage pleins de suspense sans en faire trop. Un simple plan peut révéler beaucoup : dans une de ses premières scènes, Alison se coupe le doigt, cherche un pansement et le trouve. Un pansement d'enfant mais dans la maison il n'y a qu'elle et son mari . Où est l'enfant ? Immédiatement on comprend qu'il lui est arrivé quelque chose de dramatique. Disparu ? Kidnappé ? Mort ? On le saura plus tard, beaucoup plus tard.

Mais la plus grande force de la série est sans nul doute son casting. Dominic West n'est pas particulièrement beau mais il a du charme, une présence, une sorte de force tranquille sur le point de vaciller. J'avais découvert Ruth Wilson face à Idris Elba dans la série britannique "Luther". Je l'avais trouvée bizarre, pas très bonne actrice, son rôle de psychopathe n'aidant pas beaucoup à me la rendre aimable. Ici c'est tout l'inverse : elle est terriblement juste dans sa fragilité et sa détermination. Dans le rôle de leurs époux respectifs, Maura Tierney et Joshua Jackson sont formidables. Mention spéciale à Maura Tierney en mère de quatre enfants plus vraie que nature, incroyable de naturel, de force et de vulnérabilité. Les seconds rôles sont tous au diapason, bien aidés par une écriture superbe. On notera la présence de Mare Winningham dans le rôle de la matriarche retorse, 32 ans après "Les oiseaux se cachent pour mourir".

Je me suis souvent prise à penser à "True Detective" dans les premiers épisodes, à cause du montage en deux temps et de l'enquête de police a posteriori, et même si "The Affair" n'en a pas la noirceur et l'intensité dramatique, la qualité est la même.

Le dernier épisode laisse clairement la place à une saison 2. Sera-t-elle aussi réussie que la première ? Toute la question est là.
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vendredi 17 juillet 2015

Grace & Frankie

Genre: guys and dolls 3e acte (note: **/****)


Série US - Netflix - 2015
Créée par Marta Kauffman et Howard J. Morris
Avec Jane Fonda, Lily Tomlin, Martin Sheen, Sam Waterston, Craig T. Nelson, Brooklyn Decker, June Diane Raphael, Ethan Embry and Baron Vaughn

Lorsque leurs maris respectifs depuis plus de 40 ans leur annoncent entre la poire et le dessert qu'ils demandent le divorce pour se marier ensemble (!), Grace et Frankie, deux septuagénaires que tout oppose, voient leur monde s'écrouler et n'ont d'autre choix que de cohabiter dans la maison de la plage dont les deux couples étaient conjointement propriétaires. Une nouvelle vie commence pour elles (et pour eux), pleine de premières et dernières fois.

Co-créée par Marta Kauffman (Friends), l'idée de départ est géniale et le casting aux petits oignons. Voir ces quatre superbes acteurs donner vie à ces personnages plein d'énergie, d'envie, de combativité, de certitudes mises à mal, de principes remis en question, d'habitudes à renouveler, de nouveau départ, de plongée dans l'inconnu est un vrai bonheur.  Ces quatre fantastiques là n'ont plus rien à prouver dans leur métier.

On peut penser que Jane Fonda se laisse parfois aller à surjouer mais le personnage de Grace est comme ça : arrogante, superbe, fonceuse, ancienne femme d'affaires à la tête de sa propre société de cosmétiques. L'annonce que son mari la quitte pour un autre homme la fait un premier temps vaciller, c'est sûr,  mais elle se rattrape à la anse de son Birkin, se remet debout, brushing et manucure impeccables, et part à la conquête de sa nouvelle vie. Il lui reste un "3e acte" comme le dirait Jane Fonda elle-même et elle a bien l'intention de le vivre à fond. A 77 ans, elle en paraît 15 de moins facile (seules ses mains et sa démarche parfois mal assurée trahissent son âge). She is simply stunning.

Face à elle Lily Tomlin compose une Frankie hippie-écolo vivant en harmonie avec la nature, les arbres, les esprits, l'impalpable. Elle est impayable. Dans la vraie vie, les deux actrices ont sensiblement le même âge (à deux ans près). Leur duo reformé, 35 ans après Comment se débarrasser de son patron, n'a pas pris une ride. Leur complicité est évidente, leur plaisir de jouer de nouveau ensemble aussi.

De l'autre côté du lit, leurs deux ex-maris campés par Martin Sheen et Sam Waterston. Le premier bien loin de son rôle de président des Etats-Unis dans The West Wing (encore plus loin d'Apocalypse Now...), le second bien loin de son rôle de substitut du procureur dans Law & Order (et encore plus loin de La déchirure...). Ils sont tous les deux parfaits, jouent sobrement et de façon très réaliste leur nouvelle vie conjugale. Ils sont un couple comme les autres et le fait d'être deux hommes formant ce couple ne rend la situation ni plus facile, ni plus compliquée : ils font face aux mêmes problèmes, aux mêmes doutes, ont la même complicité, la même tendresse, le même quotidien et cela les deux acteurs le rendent très bien sans caricaturer. Mention spéciale à Sam Waterston qui est tout simplement sensationnel.

Une petite série sympathique, relativement bien écrite et mise en scène, qui vaut surtout pour son carré d'acteurs principaux.
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vendredi 16 janvier 2015

Revenge, ton univers impitoya-a-ble

In-croy-able. Incroyable est bien l'adjectif qui sied le mieux à cette série, dans tous les sens du terme.

Incroyable comme tout ce qui s'y passe, invraisemblable, voire parfois même ridicule et risible.
Incroyable que cette série soit pourtant dans sa 4e (!) saison.
Incroyable qu'une actrice comme Madeleine Stowe (qui avait quand même joué au cinéma avec Daniel Day-Lewis, pas vraiment un acteur de série B) soit venue se fourvoyer dans un truc pareil, pour y jouer comme un pied en plus, comme tous les autres d'ailleurs ou presque (voir plus bas).
Incroyable enfin et surtout que, malgré tout ça, je sois accro. Oui, accro !

J'ai moi-même du mal à me l'expliquer. Moi qui d'habitude aime les séries bien écrites, fines, pleines d'humour, décalées parfois mais subtiles toujours, je ne m'explique toujours pas comment j'arrive à suivre depuis quatre saisons une fiction qui n'est rien de tout cela. Un mystère.

Seuls quelques acteurs sortent du lot : Gabriel Mann qui réussit à insuffler à son personnage un brin de folie et d'originalité ; Karine Vanasse en rédactrice en chef du Closer local ne s'en tire pas trop mal ; ou encore Henry Czerny, parti au bout de trois saisons, qui lui aussi parvient à donner un peu de relief à ses dialogues. Quant à l'actrice principale, Emily Van Camp, vue précédemment dans "Brothers & Sisters", elle a deux expressions faciales : "j'vais tout péter" ou "c'est vraiment trop dur c'qui m'arrive", qu'elle tient quand même depuis quatre ans. Une performance en soi. A sa décharge, il est vrai que ni elle, ni les autres ne sont aidés par les scénaristes, probablement recyclés de Dallas / Dynastie version 80s (avec whisky, enfant caché et problèmes de riches), en moins crédibles, c'est dire !

Clairement tournée à Los Angeles alors qu'elle est censée se dérouler à New York et Montauk, Revenge est une série oubliable qui sera rapidement oubliée. D'invraisemblances en invraisemblances, je veux voir où tout ça va les mener. Quelques dialogues par-ci par-là sont parfois relativement bien écrits mais l'histoire tarabiscotée au possible est en roues libres, comme si les scénaristes étaient remplacés chaque semaine. Il n'y a rien à sauver, à part quelques jolies robes.


Revenge (2011) - Série US (note: 0/****)
Créée par Mike Kelley
Avec Emily Van Camp, Madeleine Stowe, Gabriel Mann, Joshua Bowmann, Nick Wechsler, James Tupper, Karine Vanasse, Christa B. Allen, Olivier Martinez, Amber Valetta, etc.
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mercredi 30 juillet 2014

House of Cards

La vengeance est un plat qui se mange glacé...

Frank Underwood (Kevin Spacey) ne sera pas Ministre des Affaires Etrangères (Secretary of State). Le Président Walker, démocrate nouvellement élu, revient sur la promesse de campagne qu'il lui avait faite car après réflexion il pense que Frank sera plus utile à sa majorité s'il reste le whip de son parti à la Chambre des Représentants. Big mistake... car cette "trahison honnête" va enclencher un processus de vengeance implacable de la part d'Underwood.

La saison 1 et la saison 2 sont très différentes en termes d'atmosphère. La saison 1 plante le décor et construit les personnages principaux et secondaires. Tout tourne principalement autour de Frank et de Zoe Barnes (Kate Mara), la journaliste qu'il a choisi d'utiliser pour avancer ses premiers pions. L'épouse de Frank, Claire (Robin Wright), n'a pas un rôle prépondérant dans les manigances de son mari. Elle dirige une ONG mais on se rend compte assez rapidement que c'est une femme de ressources, autoritaire, sans état d'âme, femme d'affaires plutôt que femme de coeur capable de licencier la moitié de son équipe y compris sa plus proche collaboratrice sans sauter un battement.

Un peu comme la demeure des Underwood, dans la saison 2 tout devient plus sombre. Même la touche d'humour prend un tour beaucoup plus sarcastique, pour exemple le dernier plan du premier épisode de la saison 2 : la caméra s'arrête sur les boutons de manchettes tout neufs que Frank Underwood vient de se voir offrir par son garde du corps et qui sont ornés de ses initiales : F. U. (f**k you).

Certains seconds rôles importants de la saison 1 ont totalement disparu de la saison 2. Le fil rouge se resserre et se recentre sur le Président, son vice-Président d'un côté, son ami de longue date Raymond Tusk de l'autre, et au milieu... la Chine.  Dans le rôle de Tusk, Gerald McRaney est très bien. Grande classe, je l'avais adoré en juge au coeur tendre dans la série "Fairly legal" avec Sarah Shahi (dont la critique est d'ailleurs sur ce blog) et j'étais contente de le retrouver ici dans un rôle beaucoup plus étoffé, à sa mesure.

Le personnage le plus intéressant au fur et à mesure qu'il se développe est sans conteste celui de Claire Underwood.  A propos d'elle, son mari a cette phrase hallucinnante, face caméra : "I don't know whether I should be proud or terrified... Probably both" (je ne sais pas si je dois être fier ou terrifié. Probablement les deux.). Le jeu de Robin Wright (bien loin de Kelly Capwell !) est sensationnel. Elle a admis dans une interview que David Fincher ne lui avait donné qu'une consigne de jeu : bouger le moins possible. Elle le réussit au-delà des espérances et son personnage se révèle au fil des épisodes (et plus particulièrement dans la saison 2) une sorte de monolithe de glace, toujours impeccable dans ses tenues couture aux couleurs monochromes le plus souvent très sombres qui mettent en valeur sans outrance son corps de rêve. Elle parle toujours d'une voix extrêmement douce pour énoncer des phrases acérées comme des lames de glace qui touchent au coeur. Il y a bien longtemps qu'un personnage féminin de série n'avait donné à ce point des frissons dans l'épine dorsale. Elle forme avec son mari un couple machiavélique et pervers au dernier degré.  Ils semblent faits l'un pour l'autre, se connaître et se compléter au-delà d'un couple classique et l'expression "partners in crime" n'a jamais semblée plus appropriée.

Côté scénario, les ficelles sont de plus en plus grosses et le président Walker aveugle, bien naïf ou carrément stupide de se laisser manipuler de la sorte. On finit par se demander comment il a pu accéder aux plus hautes fonctions de la première puissance mondiale en étant aussi sot. On peut se demander également pourquoi les scénaristes ont choisi le parti démocrate comme famille pour cette belle bande de psychopathes...

Certaines histoires satellite sont sans intérêt. Telle celle de Doug Stamper, chef de cabinet d'Underwood, et de Rachel, une prostituée qui leur a été d'une grande aide dans la saison 1 et dont les scénaristes ne semblent plus savoir que faire dans la saison 2. Un peu comme on ne sait pas comment se débarasser du corps après avoir commis le crime... Idem pour le petit ami de Zoe Barnes et le hacker qu'il contacte pour l'aider à démasquer Underwood. Cette partie du récit se heurte rapidement à une impasse.

Bref, personnellement, je n'avais pas accroché plus que ça au pilote de cette série et je trouvais la petite originalité de mise en scène (Frank Underwood parle régulièrement face caméra pour se confier à nous téléspectateurs, nous mettant en position de silent partners en quelque sorte) au mieux agaçante, au pire qu'elle s'essoufflerait assez rapidement. Au final ce n'est pas le cas et j'ai regardé les 26 chapitres de ces deux premières saisons avec intérêt et assiduité.

Rendez-vous en 2015 pour la suite des aventures de Frank et Claire Underwood dans l'univers toxique de Washington D.C.

"House of Cards" - Série US - 2013 (note: **/****)


Créée par Beau Willimon
Avec Kevin Spacey, Robin Wright, Michael Kelly, Michel Gill, Sakina Jaffrey, Kate Mara, Corey Stroll, Kristen Connelly, Gerald McRaney, Molly Parker, Mahershala Ali, Reg E. Cathey, Joanna Going, Derek Cecil, etc.
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samedi 3 mai 2014

The Good Wife gets better and better


Tout commence par un scandale : le procureur de l'état de l'Illinois, Peter Florrick (Chris Noth, plus Mister Big que jamais) se fait prendre en flagrant délit de double tromperie : de sa femme d'un côté, en couchant avec des prostituées façon Eliot Spitzer, de ses électeurs de l'autre puisqu'il est accusé de détournement de fonds publics, délits d'initié et une bonne demi-douzaine d'autres délits plus ou moins sérieux qui vont le conduire direct en prison. On ne plaisante pas avec les politiciens délictueux aux Etats-Unis. Alicia (Julianna Margulies), la bonne épouse (d'où le titre de la série) jusque là mère au foyer, doit ainsi se résoudre à vendre leur superbe maison pour payer les frais d'avocats, à déménager dans un trois-pièces plus modeste à Chicago, mais surtout à reprendre une activité professionnelle. Il y a bien longtemps, avant d'avoir son premier enfant, elle était avocate. Elle retombe par hasard sur Will Gardner (Josh Charles) un camarade de fac de droit qui a monté son propre cabinet avec une associée, Diane Lockhart (formidable Christine Baranski). Il l'embauche au bas de l'échelle.

The Good Wife combine tous les éléments d'une série réussie : un scénario impeccablement écrit, des personnages construits, des acteurs sensationnels (premiers et seconds rôles confondus), une réalisation à la fois sobre et originale, un montage plein d'inventivité mais surtout un ton à la fois séreux et décalé. Les affaires judiciaires mêlent l'air du temps et l'imagination des scénaristes tout en faisant des clins d'œil appuyés à l'histoire politique contemporaine des Etats-Unis (Clinton, Bush Jr, Obama).

L'épisode qui introduit dans le fil de l'histoire les écoutes de la NSA et tous ceux qui y feront référence par la suite sont des petits bijoux d'intelligence. Ils réussissent à démontrer la stupidité de ces écoutes et à les tourner en ridicule tout en gardant un ton général sérieux. La scène (saison 5) où Peter Florrick, désormais gouverneur de l'Illinois, demande instamment à un sénateur que les écoutes visant sa femme et lui-même soient immédiatement stoppées est superbement écrite et interprétée.

Mais ce que la série réussit de mieux, ce sont les relations entre ses personnages, principalement articulées en binômes. Il y a les centraux : Peter-Alicia, Alicia-Will, Will-Diane, Diane-Alicia ; et le deuxième cercle : Alicia-Kalinda, Kalinda-Will, Will-Peter, Peter-Eli (Alan Cumming tout simplement génial). Et puis il y a les "guest stars", toujours dans le même esprit ludique et décalé mais au service d'une histoire on ne peut plus sérieuse : Carrie Preston, Stockard Channing, Rita Wilson, Michael J. Fox, Nathan Lane, Gary Cole, Melissa George, Mamie Gummer, Martha Plimpton, etc.

Elles ne sont pas si nombreuses les séries intelligentes, bien écrites, décalées et sérieuses à la fois, qui installent leurs personnages et prennent leur temps. The Good Wife est de celles-là.  Un OVNI dans l'univers des séries TV US.

"The Good Wife" - Série US - 2009 (note: ****/****)


Créée par Robert et Michelle King, produite par Ridley et Tony Scott
Avec Julianna Margulies, Josh Charles, Christine Baranski, Matt Czuchry, Archie Panjabi, Chris Noth, Alan Cumming, etc.
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jeudi 27 février 2014

Elementary, my dear Sherlock


Après avoir vu avec délectation et assiduité les trois saisons de la série "Sherlock" de la BBC, superbe adaptation de l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle, je n'avais guère prêté attention à "Elementary". Quel intérêt ? "Sherlock" est l'adaptation ultime, à même reléguer Jeremy Brett (pourtant un acteur que j'adore) au second plan, voilà ce que je me disais.

Je me le dis toujours car Sherlock reste un bijou sur tous les plans : écriture, adaptation, casting, jeu d'acteurs, tout est parfait. Tout est très intello, très subtil, très british et même si j'avoue que la saison trois m'a un peu déçue (elle est en dessous des deux premières), Elementary ne pouvait pas lui arriver à la cheville.

Certes ce n'est pas le cas, mais Elementary n'en demeure pas moins une agréable surprise. L'alchimie entre Jonny Lee Miller et Lucy Liu fonctionne, l'adaptation est plutôt fûtée : Holmes, après une cure de désintox, a décidé de quitter Londres pour s'installer à New York où son père lui paie pour six semaines les services d'une "nounou" dont la mission sera de l'empêcher de retomber dans la drogue.  Tous les ingrédients de Sherlock Holmes sont là mais chacun est légèrement détourné de l'original : Watson s'appelle Joan et non John car c'est un fille, New York n'est pas Londres mais JLM est bien anglais lui, Irene Adler est américaine et Mycroft nous fait découvrir un Rhys Ifans pour le moins inattendu.

Le jeu parfois borderline epileptique de Jonny Lee Miller (vaguement aperçu dans Trainspotting ou au bras d'Angelina Jolie dont il fut le premier mari au début des années 1990) contraste avec celui tout en sobriété de Lucy Liu, bien loin d'Ally McBeal et de Charlie's Angels. Il est le feu, elle est la glace. Conan Doyle avait fait de son héros un sociopathe et c'est exactement comme ça que le joue Jonny Lee Miller : un enfant surdoué au sens de l'observation décuplé, qui balance toutes les vérités, qu'elles soient bonnes à dire ou non, avec un je-m'en-foutisme, un narcissisme et une prétention remarquables.

Les histoires de la première saison sont plutôt bien fichues, sauf que les producteurs ne se sont pas foulés pour le casting : le coupable est toujours l'acteur plus ou moins célèbre qui joue la guest star de l'épisode. Au bout du troisième on a compris. Cela a néanmoins l'avantage de nous permettre de nous concentrer sur l'écriture et l'enquête puisqu'on a déjà deviné whodunit. Le plus intéressant reste la relation Holmes-Watson qui se développe sans jamais pencher vers l'art (délicat) de la séduction.

Seule (grosse) déception : le dernier épisode n'est clairement pas à la hauteur du reste de la saison. La découverte de la véritable identité de Moriarty, un personnage central de l'histoire du détective londonien (son ennemi juré) et jusque là bien incorporé dans la pâte, fait retomber l'intérêt comme un soufflé. Dommage.

Néanmoins Elementary se regarde avec plaisir, plus fun, plus ludique, moins virtuose et intello que son alter ego de la BBC. Les deux ne jouent clairement pas dans la même cour.

Addendum du 14 mars 2014 - Cerise sur le cupcake : dans la saison 2, Watson porte régulièrement des robes Victoria, Victoria Beckham. This show gets better and better!

"Elementary" - Série US - 2012 (note: **/****)


Créée par Robert Doherty
Avec: Jonny Lee Miller, Lucy Liu, Jon Michael Hill and Aidan Quinn

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lundi 30 septembre 2013

Critique de "La Gifle" (the slap)

Genre: wake up call (note: **/****)


Série australienne (2011)
Basé sur le livre de Christos Tsiolkas
Avec Jonathan LaPaglia, Sophie Okonedo, Alex Dimitriades, Essie Davis, Lex Marinos, Sophie Lowe, Blake Davis et Melissa George

Au cours d'un barbecue organisé pour fêter les 40 ans d'Hector, entouré pour l'occasion de sa famille grecque et d'un petit groupe d'amis, Harry, le cousin grande gueule d'Hector assène une gifle à un gamin de 4 ans qui avait été positivement insupportable toute la journée. Cette gifle va sonner le glas de la vie des personnes présentes, telle qu'ils la vivaient jusque là.

La série comporte huit épisodes, chaque épisode se concentrant sur un personnage en particulier, dans sa vie quotidienne après l'incident du barbecue. Ils sont tous différents, parfois ils ne se connaissaient même pas avant de se retrouver ensemble à ce barbecue, et pourtant tous vont être impactés par cette claque, comme si chacun d'eux l'avait reçue de plein fouet, individuellement. Cette gifle réveille les esprits.

Certains se rendent compte que la vie qu'ils mènent ne leur convient plus depuis longtemps mais qu'ils se sont endormis sur leurs lauriers, leur petit quotidien étriqué. Un autre au contraire (Hector) réalise qu'il s'était engagé sur un chemin dangereux qui pouvait tout lui faire perdre : femme, enfants, famille et que cette vie qu'il pensait banale et monotone est en fait son seul trésor. La mère du gamin giflé est sans doute celle qui paie le prix le plus fort à court terme : à trop vouloir obtenir réparation pour son fils, c'est finalement elle qui se retrouve dans l'oeil du cyclone et qui aura le plus de mal à se remettre d'une situation qu'elle a provoquée de bonne foi, sans se rendre compte des conséquences pour elle et sa famille, et qui au final lui échappe.

Bref, chacun vacille mais nul ne tombe. Comme si la gifle avait pris une photo de l'instant T de la vie de ce groupe et les avait mis face à eux-mêmes, à leurs petits mensonges et grandes lâchetés. Tous s'en sortent vivants mais à la fin du dernier épisode, le futur s'ouvre pour certains (Richie, Rosie et Gary, Manolis, Harry et Sandy, Connie) mais semble plus qu'incertain pour d'autres (Hector et Aïsha, Anouk).

La réalisation est sobre et nous amène au coeur des émotions et des doutes de chaque personnage, tous superbement interprétés par des acteurs pour la plupart assez peu connus internationalement : la plus connue est probablement Melissa George (Alias, Grey's anatomy, Lie to me, En analyse), mais aussi dans une moindre mesure Jonathan LaPaglia (Cold case, certes moins connu que son grand frère Anthony) et Essie Davis (Miss Fisher's murder mysteries). Enfin, mention spéciale au générique de début, très réussi tant par l'image que la musique. Sobre et élégant. Parfait.

Bref cette série agit comme un wake up call pour chacun même si, au final, pas grand monde se remet profondément en question mais chacun sait maintenant ce que les autres pensent de lui/elle. En ça, leur vie ne sera plus jamais pareille.
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jeudi 20 juin 2013

Miss Fisher's murder mysteries

Genre: Wooap doowooap ! (note **/****)


Série australienne (2012)
Scénariste principale: Kerry Greenwood
Avec: Essie Davis, Nathan Page, Hugo Johnstone-Burt, Ashleigh Cummings, Richard Bligh, Ruby Rees Wemyss, etc.

En Australie, dans les années 20, une jeune femme bourgeoise et riche, se lance dans une carrière de détective. Ce faisant, elle se retrouve très souvent dans les pattes de l'inspecteur de police Jack Robinson.

On ne peut pas dire que la réalisation soit renversante d'originalité. Elle est plutôt classique et parfois un brin fade et ennuyeuse. Ce qui ne l'est pas par contre, c'est la personnalité du personnage principal, Phryne (prononcer Franny) Fisher.  Toilettes superbes et impeccables (bravo à l'habilleuse, Marion Boyce), carré lisse parfait, maintien et bonnes manières, un mini-revolver en or délicatement glissé dans sa jaretelle, féministe au caractère bien trempé, elle n'hésite pas à mouiller la chemise et salir ses ongles manucurés pour amener les coupables devant la justice.

Les seconds rôles sont mignons comme tout : de sa dame de compagnie amoureuse de l'adjoint de l'inspecteur, à l'inspecteur et son adjoint eux-mêmes, en passant par le majordome de Miss Fisher et sa fille adoptive, tous trouvent leur juste place dans ses histoires un peu superficielles (parfois un peu toc) mais qui se laissent regarder avec un plaisir démodé comme une tasse de thé avec soucoupe.

Pas de violence, d'hémoglobine ou d'artillerie lourde ici. Aucune vulgarité non plus. Simplement de l'élégance, de la tenue, du chic. Une époque révolue et démodée de l'entre deux guerres, où les femmes étaient au foyer et les hommes galants.
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mercredi 19 juin 2013

Critique de la série "Castle" (saisons 1 à 5)

Genre: Heat waves (note: **/****)


Créée par Andrew W. Marlowe
Avec Nathan Fillion, Stana Katic, Molly Quinn, Jon Huertas, Seamus Dever, Tamal Jones, Ruben Santiago-Hudson, Penny Johnson et Susan Sullivan

Lorsque la série a démarré en 2009, le postulat de départ était singulier et plutôt intéressant : un criminel mettait en scène ses crimes d'après les best-sellers d'un auteur de romans policiers à succès, Richard (Rick) Castle. L'inspectrice de police en charge de l'affaire (Kate Beckett) se rapproche donc de l'écrivain afin de mieux comprendre le criminel et de fil en aiguilles, grâce à son amitié avec le maire, Castle finit par s'imposer comme consultant auprès de Kate et son équipe pour nourrir l'écriture de ses prochains livres.  Et bien sûr même si, au début, la collaboration est un peu laborieuse, Kate considérant Castle comme un poids, le charme finit par opérer, une alchimie se crée entre les deux et leur histoire d'amour platonique se concrétise à la fin de la saison 4.

La saison 1 se laisse suivre gentiment et comme il n'y a que dix épisodes, on en redemande et la chaîne ABC reconduit la série pour une deuxième saison, de mon point de vue un peu en-dessous de la première. C'est la raison pour laquelle j'ai arrêté de regarder au cours de cette saison. Et puis, me rendant compte que les saisons s'enchaînaient, je me suis dit qu'il fallait peut-être se réintéresser au sujet.  L'été dernier, pendant les vacances, je me suis donc fait un marathon de rattrapage Castle de la saison 2 à la saison 4 incluse. Et je dois dire que j'ai finalement été emballée.

Les enquêtes criminelles, sauf exception relativement simples, sont néanmoins de mieux en mieux écrites, les seconds rôles (Esposito, Ryan et Lanie) se sont étoffés et ne sont pas cantonnés à jouer les faire-valoir, et les relations entre Castle et sa mère et/ou sa fille sont restées formidables depuis le début jusqu'à maintenant. Susan Sullivan est tout simplement géniale en séxa sexy, un tantinet excentrique sur les bords mais qui sait donner le conseil qu'il faut et analyser le plus sérieusement du monde une situation difficile pour son fils (qu'elle adore et qui le lui rend bien) alors qu'on la croyait tout juste bonne à porter le boa rose fluo et boire des martinis en toute insouciance. Molly Quinn est une perle de bon sens et de maturité pour son grand gamin de père et leur relation est très mimi.

"Castle" a réussi là où "Clair de Lune" avait échoué : la série parvient à se renouveler de saison en saison, ayant surtout réussi l'exploit d'incorporer l'histoire d'amour de ses deux personnages principaux sans sacrifier ni la qualité d'écriture des enquêtes, ni les seconds rôles.

A priori, ABC a validé une sixième saison à la rentrée et, vu le cliffhanger, du dernier épisode de la saison 5, j'ai hâte de voir ça. Rendez-vous de l'autre côté de l'été !
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mercredi 6 mars 2013

Luther King (of London)

C'est une armoire à glace, un grand black, barraqué, mal rasé, mal fagoté, le dos courbé et les mains dans les poches, toujours vêtu d'un immense manteau gris foncé. Il est flic on dirait un voyou. Dans le premier épisode de la première saison, dès la première scène on comprend que ce flic a des méthodes bien à lui et discutables.

On ne peut pas dire que "Luther" (série britannique avec Idris Elba dans le rôle titre) soit une super série. C'est une série décalée, ce côté étant encore accentué davantage par le doublage français franchement pas terrible. Les histoires sont souvent perclues d'invraisemblances, la réalisation laisse parfois à désirer, les acteurs semblent pour la plupart avoir deux de tension quand ils ne surjouent pas, les histoires parallèles tombent comme un cheveu sur la soupe, certains personnages (l'inspecteur Reed dans la saison 1 par exemple) changent brusquement de trajectoire sans qu'on nous explique le pourquoi du comment.

Alors, me direz-vous, pourquoi regarder ?

Principalement parce qu'Idris Elba a un charisme phénoménal. Il dégage véritablement quelque chose, a une aura, une sorte de magnétisme qui donne envie de regarder encore. Certaines histoires sont également fascinantes, plus particulièrement dans la saison 2 et ce dès les deux premiers épisodes avec ce tueur en série qui tue au hasard affublé d'un masque à la "V comme Vendetta". La fin du premier épisode, pleine de suspense, nous laisse à nous ronger les ongles au bord de notre siège. A suivre...

Les deux épisodes suivants ne sont pas mal non plus, la scène d'ouverture de l'épisode 3 qui se passe dans une station service étant particulièrement réussie. On a de nouveau affaire à un tueur en série qui joue le sort de ses victimes... aux dés ! Malheureusement l'histoire parallèle de la jeune fille que Luther tire des griffes de son mac n'a ni queue ni tête et on ne comprend absolument pas pourquoi Luther se met dans tout ce pétrin pour elle mais... ça fait partie du charme de la série et de l'attachement au personnage de Luther.

Et je sais déjà que, s'il y a une saison 3, je serai fidèle au poste de télé.

"Luther" - Série GB - 2010 (note: **/****)
Créateur: Neil Cross
Avec Idris Elba, Ruth Wilson, Warren Brown, Dermot Crowley, Michael Smiley, Paul McGann, Indira Varma, etc.