En juin 1986, TF1 avait diffusé un téléfilm en quatre parties, produit par la BBC et basé sur le best-seller de Daphné du Maurier "Rebecca". Jeremy Brett, Joanna David et Anna Massey jouaient le trio principal. Je n'avais jamais lu le livre avant d'avoir vu ce téléfilm. Je me souviens qu'il avait été diffusé en juin 1986 très précisément parce que durant la diffusion de la quatrième et dernière partie, le 19 juin 1986, un ruban de texte avait défilé au bas de l'écran : Coluche venait de se tuer en moto.
L'adaptation télé me semblait superbe et m'avait instantanément donné envie de lire le livre qui, heureux hasard, trônait dans la bibliothèque familiale, en français. Dire que j'ai adoré ce livre serait très en-dessous de la vérité : il m'a littéralement envoûtée. Jamais de ma vie je n'ai connu une expérience littéraire semblable depuis. Bien sûr quelques années plus tard, après que je me fus familiarisée avec la langue de Shakespeare, j'ai acheté et relu "Rebecca" en anglais. Even better.
Jamais une morte n'avait été aussi vivante, aussi présente, prenant à ce point toute la place. Jamais je n'avais lu un roman au style et à la construction aussi maîtrisés, dans ses moindres détails. Rebecca est morte mais son prénom est sur toutes les lèvres, dans tous les esprits, son prénom alors que la nouvelle femme de Maxim de Winter ne sera jamais connue que comme Madame de Winter. Son prénom ? On ne le connaît pas, on ne le connaîtra jamais. Il n'y en a que pour Rebecca. Aucune description physique de Rebecca dans le roman, aucune image dans le téléfilm : à chacun de la colorier lui-même, selon sa propre imagination, d'après ce qu'en disent les autres personnages du roman/téléfilm. On l'imagine sublime, forcément sublime; fascinante, conquérante, sûre d'elle, indestructible, avec un caractère bien trempé, grande, mince, superbe, les cheveux noirs ? longs ? courts ? "The most beautiful creature I'd ever seen" dira Franck Crawley. Chacun, lecteur ou téléspectateur, aura sa Rebecca, chaque fois différente sans doute et pourtant toujours la même Rebecca : celle dont l'inquiétante Madame Danvers (impressionnante Anna Massey dans le téléfilm) entretient farouchement le souvenir pour elle-même et pour Maxim, veuf inconsolable.
Il faut arriver au 3/4 du livre et à la dernière minute de la troisième partie du téléfilm pour qu'un revirement s'opère : rien de ce que l'on croyait n'est vrai. L'image de Rebecca s'efface et Madame de Winter entre enfin dans la lumière.
"Last night, I dreamt I went to Manderley again", une des plus belles phrases d'ouverture de la littérature. Cette phrase m'accompagne depuis 26 ans. Elle s'impose parfois à moi alors que je ne m'y attends pas, comme une litanie lancinante. Le livre, en anglais, trône dans ma propre bibliothèque maintenant, tellement usé à force d'avoir été lu et relu et relu. "Rebecca" reste mon livre préféré, celui que j'emmènerais sur une île déserte si je ne devais en choisir qu'un, comme on dit. Et régulièrement, quand viennent les sombres fins d'après-midi d'hiver, je reprends le livre sur son étagère, l'ouvre, relis quelques pages ou le livre en entier et pour quelques minutes, quelques heures ou quelques jours I go back to Manderley again.
"Rebecca" - TV 1979 (note: ****/****)
Réalisé par Hugh Whitemore
Avec Jeremy Brett (Maxim de Winter), Joanna David (Madame de Winter), Anna Massey (Madame Danvers), etc.
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vendredi 19 octobre 2012
jeudi 4 octobre 2012
Boss, my new TV addiction
Satan, your kingdom must
come down…
"Boss" - Série US - 2011 (note: **/****)
Créée par Farhad Safinia
Avec: Kelsey Grammer, Connie Nielsen, Kathleen Robertson, Martin Donovan, Jeff Hephner, Hannah Ware, Troy Garity, etc.
Thomas Kane est le king of Chicago,
ou plutôt son maire, un maire omnipotent. Clairement la politique a mangé toute
sa vie. Certes il a une épouse, très belle, qu'il croise vaguement entre deux
portes et avec laquelle il échange des sourires polis ; il a aussi une fille
qu'il a écarté de sa vie depuis longtemps. Il a surtout un chef de cabinet et
une responsable de la communication qui semblent être devenus son unique
famille. L'épisode pilote pose les jalons d'une série noire, cynique, sans une
once d'humour.
Pour l'impressionnant Kelsey
Grammer, on est loin de Cheers ou de Frasier. Pour Kathleen Robertson, loin de Beverly
Hills 90210. Ce Chicago-là est trempé dans l'acier, le plomb, le cynisme pur,
l'avidité, un pouvoir que l'on conserve coûte que coûte quitte à rayer de la
carte un médecin, à briser des vies, une ville entière même. Tout n'est que
calcul, complot, corruption et manipulation. Mais voilà dans ce pilote le
statuesque Tom Kane apprend aussi, et ce dès la toute première scène qui est
formidable, qu'il est atteint d'une maladie dégénérative incurable et qu'en
deux mots ce n'est qu'une question de (peu de) temps avant qu'il ne devienne un
légume. Mais dans la jungle terrible jungle le lion ne veut pas mourir…
La caméra est collée à l'oreille des
acteurs, saisissant le moindre frémissement, un œil qui se crispe, un sourire
qui faiblit, une colère qui monte, une angoisse imperceptible. Les acteurs
déroulent une partition sobre, sans état d'âme, quasi rigide sauf un : un journaliste
un peu consciencieux qui déterre (au sens propre) un scandale écologique et
sanitaire monstrueux. Le lion vacille mais ne tombe pas.
Tous les personnages, seconds rôles
compris, semblent avoir un "agenda" comme on dit en anglais (des
ambitions personnelles cachées). Aucun n'inspire confiance, ni ne semble en
sécurité, jamais à l'abri d'un retournement de veste d'untel ou d'une
condamnation de tel autre. Toujours sur le fil du rasoir, quand on pense avoir
cerné un personnage il prend un virage à 180°, nous laissant stupéfaits de n'avoir
rien vu venir.
Boss est une série brillante,
arrogante, pernicieuse, tout en violence contenue et déléguée, comme son personnage
principal. Elle est addictive et la chanson de son générique ("Satan, your
kingdom must come down" de Robert Plant) est tout simplement parfaite.
Créée par Farhad Safinia
Avec: Kelsey Grammer, Connie Nielsen, Kathleen Robertson, Martin Donovan, Jeff Hephner, Hannah Ware, Troy Garity, etc.
jeudi 2 août 2012
La Superbe
Il m'aura fallu trois ans, trois ans et un vol Paris-Los Angeles pour entrouvir la porte de cet album de Benjamin Biolay.
Certes, j'avais bien lu la critique (dithyrambique) de Télérama au moment de sa sortie en 2009 mais moi Biolay, son style poète torturé, sa mèche grasse, son oeil sombre et son sourire éteint, bof bof... J'avais bien aimé les chansons qu'il avait écrites pour Henri Salvador sur l'album "Chambre avec vue" mais voilà. Et puis...
Et puis je prends un vol Air Tahiti (oui, ça existe) direction Los Angeles. A bord, pas grand chose à faire, pas beaucoup de films à regarder, ni de chansons à écouter mais je me branche quand même sur une playlist de chansons françaises auxquelles je prête une oreille lointaine en feuilletant mon bouquin. Jusqu'à ce qu'une mélodie me la fasse dresser, l'oreille. Tiens... C'est pas mal ce truc, c'est quoi, c'est qui ? C'est "Padam" et c'est du Biolay. Mince alors.
De pas mal, le "truc" est passé à drôlement bien en trois ou quatre passages entre mes oreilles. Revenue à Paris, j'en veux plus. Merci YouTube j'écoute quelques morceaux de l'album "La Superbe" et entre autres la chanson titre qui me donne des frissons instantanément. Le clip avec Marie-Agnès Gillot ne fait qu'accentuer la première impression. Non, là, vraiment il m'en faut encore.
Et voilà comment, petit à petit, morceau après morceau, je me suis faite littéralement envoûter par La Superbe qui porte drôlement bien son nom. Certains titres sont tout de suite sortis du lot : la superbe, padam, ton héritage, prenons le large, si tu suis mon regard, raté. D'autres sont moins puissants de mon point de vue mais le tout se laisse écouter avec beaucoup d'émotion.
Entre Gainsbourg et Bashung, ce Biolay-là est une perle.
On reste, Dieu merci, à la merci d'une étincelle
Quelque part à Paris, au fin fond du bar d'un hôtel
Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle
Quelle aventure, quelle aventure...
.
Certes, j'avais bien lu la critique (dithyrambique) de Télérama au moment de sa sortie en 2009 mais moi Biolay, son style poète torturé, sa mèche grasse, son oeil sombre et son sourire éteint, bof bof... J'avais bien aimé les chansons qu'il avait écrites pour Henri Salvador sur l'album "Chambre avec vue" mais voilà. Et puis...
Et puis je prends un vol Air Tahiti (oui, ça existe) direction Los Angeles. A bord, pas grand chose à faire, pas beaucoup de films à regarder, ni de chansons à écouter mais je me branche quand même sur une playlist de chansons françaises auxquelles je prête une oreille lointaine en feuilletant mon bouquin. Jusqu'à ce qu'une mélodie me la fasse dresser, l'oreille. Tiens... C'est pas mal ce truc, c'est quoi, c'est qui ? C'est "Padam" et c'est du Biolay. Mince alors.
De pas mal, le "truc" est passé à drôlement bien en trois ou quatre passages entre mes oreilles. Revenue à Paris, j'en veux plus. Merci YouTube j'écoute quelques morceaux de l'album "La Superbe" et entre autres la chanson titre qui me donne des frissons instantanément. Le clip avec Marie-Agnès Gillot ne fait qu'accentuer la première impression. Non, là, vraiment il m'en faut encore.
Et voilà comment, petit à petit, morceau après morceau, je me suis faite littéralement envoûter par La Superbe qui porte drôlement bien son nom. Certains titres sont tout de suite sortis du lot : la superbe, padam, ton héritage, prenons le large, si tu suis mon regard, raté. D'autres sont moins puissants de mon point de vue mais le tout se laisse écouter avec beaucoup d'émotion.
Entre Gainsbourg et Bashung, ce Biolay-là est une perle.
On reste, Dieu merci, à la merci d'une étincelle
Quelque part à Paris, au fin fond du bar d'un hôtel
Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle
Quelle aventure, quelle aventure...
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lundi 23 juillet 2012
Game Change
Aux Etats-Unis, le Vice-Président est une position à la fois primordiale et sans intérêt : avant l'élection, il est celui ou celle qui peut faire pencher la balance (Kennedy n'avait-il pas choisi le texan Johnson pour s'assurer les voix des états du sud alors que les deux hommes ne s'appréciaient guère), après l'élection il/elle n'a pas plus de rôle à jouer que la première dame de France. Il/elle occupe un vague strapontin, coupe des rubans lors d'inaugurations de statues et d'édifices publics, représente le Président lorsque l'occasion n'est pas prioritaire et que celui-ci a mieux à faire.
Mais il n'empêche qu'il faut le/la choisir avec soin car en cas de décès du Président en exercice, il/elle prendra sa place. Et là, ce n'est plus pareil, ce n'est plus pareil du tout.
Dans la même veine qu'un "Margin Call", "Game change", l'excellent téléfilm produit par HBO et réalisé par Jay Roach, décrit par le menu le choix de Sarah Palin pour être la binôme de John McCain sur le ticket républicain pour l'élection présidentielle américaine de 2008. Comment elle fut choisie, comment elle fut coachée et comment elle, une virtuelle inconnue, gouverneur d'un état d'à peine plus de 700 000 habitants, devint la femme la plus médiatisée et la plus méprisée au monde cette année-là.
Superbement écrit et joué, le film démontre très bien que si l'on peut donner un nouveau look, une nouvelle coiffure, un maquillage plus soigné à cette femme en 24 heures, on ne peut lui donner une culture générale dans le même temps. Et que si le look, l'emballage, le joli vernis font leur petit effet à la première impression, c'est la substance qui fera la vraie différence sur le long terme.
Au début on sourit de ses bourdes, de sa stupidité, on s'amuse à voir tout un état-major de campagne s'arracher les cheveux à faire entrer un minimum de géographie, d'histoire et de géopolitique dans cette tête bien faite mais pas très pleine. A vouloir être audacieux, à vouloir faire un "coup", ils se sont mis eux-même dans la panade sans possibilité de retour en arrière, et on se dit que c'est bien fait pour eux. Et puis... il y a une scène qui se passe chez McCain lors d'un barbecue. Il a demandé à faire mettre en présence son médecin personnel et Sarah Palin, à l'insu de cette dernière, pour avoir l'opinion du pratricien sur l'état psychique de sa vice-présidente. Le médecin l'observe et finir par lâcher que "pour une femme qui vient d'avoir un bébé, qui a un fils en Afghanistan, une fille adolescente enceinte, un état à gérer et une campagne présidentielle à mener, elle s'en sort très bien". Et là, soudainement, on se dit qu'il n'a pas complètement tort. On avait fini par oublier que Sarah Palin est une vraie personne, qui a une vraie vie, une vraie famille, de vrais sentiments et non pas cette marionnette parodiée par Tina Fey tous les samedis soirs. Et bizarrement, à ce moment-là du film, on la regarde comme un être humain pour la première fois, presque avec compassion.
Mais comme nous aussi, nous ne sommes que des êtres humains, lorsqu'elle se compare à Hillary Clinton au cours d'une conversation téléphonique avec Nicolle Wallace, sa conseillère en communication durant la campagne, on ne peut s'empêcher de rire de nouveau, de se moquer. Elle redevient instantanément la Sarah Palin qu'on adore détester qui décidément ne se rend pas compte à quel point elle est à côté de la plaque, et à quel point elle en est ridicule.
"Game Change" (2012) - TV (note: ***/****)
Réal. Jay Roach
Avec Julianne Moore (Sarah Palin), Ed Harris (John McCain), Woody Harrelson (Steve Schmidt), Sarah Paulson (Nicolle Wallace), Ron Livingston, Peter MacNicol, Jamey Sheridan, etc.
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Mais il n'empêche qu'il faut le/la choisir avec soin car en cas de décès du Président en exercice, il/elle prendra sa place. Et là, ce n'est plus pareil, ce n'est plus pareil du tout.
Dans la même veine qu'un "Margin Call", "Game change", l'excellent téléfilm produit par HBO et réalisé par Jay Roach, décrit par le menu le choix de Sarah Palin pour être la binôme de John McCain sur le ticket républicain pour l'élection présidentielle américaine de 2008. Comment elle fut choisie, comment elle fut coachée et comment elle, une virtuelle inconnue, gouverneur d'un état d'à peine plus de 700 000 habitants, devint la femme la plus médiatisée et la plus méprisée au monde cette année-là.
Superbement écrit et joué, le film démontre très bien que si l'on peut donner un nouveau look, une nouvelle coiffure, un maquillage plus soigné à cette femme en 24 heures, on ne peut lui donner une culture générale dans le même temps. Et que si le look, l'emballage, le joli vernis font leur petit effet à la première impression, c'est la substance qui fera la vraie différence sur le long terme.
Au début on sourit de ses bourdes, de sa stupidité, on s'amuse à voir tout un état-major de campagne s'arracher les cheveux à faire entrer un minimum de géographie, d'histoire et de géopolitique dans cette tête bien faite mais pas très pleine. A vouloir être audacieux, à vouloir faire un "coup", ils se sont mis eux-même dans la panade sans possibilité de retour en arrière, et on se dit que c'est bien fait pour eux. Et puis... il y a une scène qui se passe chez McCain lors d'un barbecue. Il a demandé à faire mettre en présence son médecin personnel et Sarah Palin, à l'insu de cette dernière, pour avoir l'opinion du pratricien sur l'état psychique de sa vice-présidente. Le médecin l'observe et finir par lâcher que "pour une femme qui vient d'avoir un bébé, qui a un fils en Afghanistan, une fille adolescente enceinte, un état à gérer et une campagne présidentielle à mener, elle s'en sort très bien". Et là, soudainement, on se dit qu'il n'a pas complètement tort. On avait fini par oublier que Sarah Palin est une vraie personne, qui a une vraie vie, une vraie famille, de vrais sentiments et non pas cette marionnette parodiée par Tina Fey tous les samedis soirs. Et bizarrement, à ce moment-là du film, on la regarde comme un être humain pour la première fois, presque avec compassion.
Mais comme nous aussi, nous ne sommes que des êtres humains, lorsqu'elle se compare à Hillary Clinton au cours d'une conversation téléphonique avec Nicolle Wallace, sa conseillère en communication durant la campagne, on ne peut s'empêcher de rire de nouveau, de se moquer. Elle redevient instantanément la Sarah Palin qu'on adore détester qui décidément ne se rend pas compte à quel point elle est à côté de la plaque, et à quel point elle en est ridicule.
"Game Change" (2012) - TV (note: ***/****)
Réal. Jay Roach
Avec Julianne Moore (Sarah Palin), Ed Harris (John McCain), Woody Harrelson (Steve Schmidt), Sarah Paulson (Nicolle Wallace), Ron Livingston, Peter MacNicol, Jamey Sheridan, etc.
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vendredi 20 juillet 2012
Critique du film "Paris-Manhattan"
Genre: to Woody, with love (note: */****)
Réal. Sophie Lellouche
Avec: Alice Taglioni, Patrick Bruel, Michel Aumont, Marine Delterme, etc.
Alice, célibataire de 30+ ans, s'est construite grâce aux films de Woody Allen qui sont devenus pour elle une ligne de vie, une thérapie. Jusqu'au jour où elle rencontre Victor, concepteur d'alarmes originales, qui lui n'a jamais vu un seul film de Woody Allen et s'en porte très bien. Victor va faire prendre conscience à Alice qu'il y a une (vraie) vie en dehors du cinéma de Woody.
Le film est gentillet mais il aurait mérité des personnages et un scénario un peu plus écrits, malgré quelques bonnes idées (les dialogues imaginaires entre Alice et Woody). Alice Taglioni, heureusement, illumine la pellicule de sa fossette et sa blondeur, de son jeu simple et naturel. Bruel par contre est en pilotage automatique : il a pris un sale coup de vieux (et une bonne dizaine de kilos), semble se demander ce qu'il fout là, et surtout a l'air de s'y connaître en électricité comme moi en cuisine moléculaire. Toutes les scènes dans son atelier ne sont pas crédibles pour deux sous, à la limite du ridicule. La réalisatrice est clairement de bonne volonté mais son film manque de rythme et elle se perd dans des histoires parallèles : l'infidélité supposée du beau-frère d'Alice, par exemple, nous entraîne dans une virée nocturne dans l'appartement de la soeur qui n'a strictement aucun intérêt. Mention spéciale par contre au choix d'une bande originale qui oscille avec bonheur entre Cole Porter et Ella Fitzgerald.
Il faut attendre les dix dernières minutes du film pour en voir la meilleure scène : Docteur Woody and Mister Allen themselves, en guest star. Toujours un peu décalé, toujours l'air de tomber du lit, un oeil vaguement éteint et l'autre qui pétille, il fait du Woody Allen et nous laisse sortir de la salle avec un petit sourire goguenard au coin des lèvres.
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Réal. Sophie Lellouche
Avec: Alice Taglioni, Patrick Bruel, Michel Aumont, Marine Delterme, etc.
Alice, célibataire de 30+ ans, s'est construite grâce aux films de Woody Allen qui sont devenus pour elle une ligne de vie, une thérapie. Jusqu'au jour où elle rencontre Victor, concepteur d'alarmes originales, qui lui n'a jamais vu un seul film de Woody Allen et s'en porte très bien. Victor va faire prendre conscience à Alice qu'il y a une (vraie) vie en dehors du cinéma de Woody.
Le film est gentillet mais il aurait mérité des personnages et un scénario un peu plus écrits, malgré quelques bonnes idées (les dialogues imaginaires entre Alice et Woody). Alice Taglioni, heureusement, illumine la pellicule de sa fossette et sa blondeur, de son jeu simple et naturel. Bruel par contre est en pilotage automatique : il a pris un sale coup de vieux (et une bonne dizaine de kilos), semble se demander ce qu'il fout là, et surtout a l'air de s'y connaître en électricité comme moi en cuisine moléculaire. Toutes les scènes dans son atelier ne sont pas crédibles pour deux sous, à la limite du ridicule. La réalisatrice est clairement de bonne volonté mais son film manque de rythme et elle se perd dans des histoires parallèles : l'infidélité supposée du beau-frère d'Alice, par exemple, nous entraîne dans une virée nocturne dans l'appartement de la soeur qui n'a strictement aucun intérêt. Mention spéciale par contre au choix d'une bande originale qui oscille avec bonheur entre Cole Porter et Ella Fitzgerald.
Il faut attendre les dix dernières minutes du film pour en voir la meilleure scène : Docteur Woody and Mister Allen themselves, en guest star. Toujours un peu décalé, toujours l'air de tomber du lit, un oeil vaguement éteint et l'autre qui pétille, il fait du Woody Allen et nous laisse sortir de la salle avec un petit sourire goguenard au coin des lèvres.
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mercredi 18 juillet 2012
Rizzoli & Isles
Reed & Reed, Pearson Hardman, Lockhart / Gardner et... Rizzoli & Isles. Cherchez l'intru ? Non, Rizzoli & Isles n'est pas un cabinet d'avocats cathodique de plus. C'est le couple professionnel formé par Jane Rizzoli (Angie Harmon) et Maura Isles (Sasha Alexander) respectivement flic et médecin légiste à Boston, qui a donné son titre à une série américaine actuellement dans sa troisième saison de diffusion aux Etats-Unis.
Pas besoin de s'éterniser sur les qualités intrinsèques de la série : elle n'est clairement pas au niveau d'écriture des trois citées plus haut, loin de là même, et pourtant... Pourtant j'ai visionné toute la saison 1, j'ai enchaîné sur la saison 2, et j'ai bien l'intention de rattraper mon retard jusqu'à la saison 3. Pourquoi ? Mon produit d'appel fut Angie Harmon. Une très jolie fille que j'avais découverte dans Law & Order il y a une bonne quinzaine d'années. Angie a le look mais elle sait aussi jouer, avec sérieux, avec humour, avec féminité ou pas. Ici elle est la seule fille d'une fratrie de trois enfants dont deux sont dans la police. Inutile de dire que la féminité n'est pas sa qualité première. Pour la féminité il faut regarder du côté de Sasha Alexander, médecin légiste en Louboutin et robes de marque. C'est le contraste col blanc / col bleu. Grâce aux actrices qui ont clairement une alchimie à l'écran, ça fonctionne et c'est pour ça que je continue de regarder.
Les histoires d'homicide un peu simplistes au début sont de mieux en mieux écrites (mention spéciale à l'épisode se déroulant pendant le marathon de Boston) et ont surtout la bonne idée d'utiliser le potentiel historique de la ville comme toile de fond très souvent. C'est suffisamment rare aux Etats-Unis pour être souligné.
"Rizzoli & Isles" - Série US - 2010 (note: */****)
Créée par Janet Tamaro
Avec : Angie Harmon, Sasha Alexander, Jordan Bridges, Lee Thompson Young, Bruce McGill et Lorraine Bracco
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Pas besoin de s'éterniser sur les qualités intrinsèques de la série : elle n'est clairement pas au niveau d'écriture des trois citées plus haut, loin de là même, et pourtant... Pourtant j'ai visionné toute la saison 1, j'ai enchaîné sur la saison 2, et j'ai bien l'intention de rattraper mon retard jusqu'à la saison 3. Pourquoi ? Mon produit d'appel fut Angie Harmon. Une très jolie fille que j'avais découverte dans Law & Order il y a une bonne quinzaine d'années. Angie a le look mais elle sait aussi jouer, avec sérieux, avec humour, avec féminité ou pas. Ici elle est la seule fille d'une fratrie de trois enfants dont deux sont dans la police. Inutile de dire que la féminité n'est pas sa qualité première. Pour la féminité il faut regarder du côté de Sasha Alexander, médecin légiste en Louboutin et robes de marque. C'est le contraste col blanc / col bleu. Grâce aux actrices qui ont clairement une alchimie à l'écran, ça fonctionne et c'est pour ça que je continue de regarder.
Les histoires d'homicide un peu simplistes au début sont de mieux en mieux écrites (mention spéciale à l'épisode se déroulant pendant le marathon de Boston) et ont surtout la bonne idée d'utiliser le potentiel historique de la ville comme toile de fond très souvent. C'est suffisamment rare aux Etats-Unis pour être souligné.
"Rizzoli & Isles" - Série US - 2010 (note: */****)
Créée par Janet Tamaro
Avec : Angie Harmon, Sasha Alexander, Jordan Bridges, Lee Thompson Young, Bruce McGill et Lorraine Bracco
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Critique du film "Friends with kids"
Genre: from love to perpetuity (note: **/****)
Réal. Jennifer Westfeldt
Avec: Jennifer Westfeldt, Adam Scott, Jon Hamm, Kristen Wiig, Maya Rudolf, Edward Burns, Chris O'Dowd, Megan Fox, etc.
Julie et Jason ont la trentaine bien tassée et sont BFF (les meilleurs amis du monde). Leurs deux couples d'amis les plus proches se sont lancés dans l'aventure de la parentalité avec plus ou moins de bonheur... En les observant, Julie et Jason en viennent à la conclusion que romantisme et enfants ne font pas bon ménage et que mieux vaut faire et élever un enfant avec quelqu'un(e) de bien dont on n'est pas amoureux, tout en continuant de chercher la passion amoureuse dans d'autres bras. Ils décident donc d'avoir un enfant ensemble sans être ensemble.
Le point de départ de cette comédie de moeurs US penche ostensiblement du côté du déjà vu (et le point d'arrivée aussi du reste). C'est ce qui se passe entre les deux qui vaut qu'on s'y attarde. Le non-couple de parents formé par Adam Scott et Jennifer Westfeldt (madame Jon Hamm à la ville) a droit aux réflexions et commentaires de leurs familles et de leur entourage tout comme les couples de parents classiques mais ils ont l'air de s'en sortir beaucoup mieux au quotidien, au final, en terme d'organisation et de partage des tâches. Serait-ce parce que leur quotidien n'est pas baigné (biaisé ?) par le sentiment amoureux ? Mais combien de temps peut-il rester à distance ce sentiment amoureux justement une fois qu'on se rend compte qu'on fait mieux que les autres, qu'on a quand même un enfant ensemble et que ce n'est pas rien ?
Là où le film est intéressant et pose de bonnes questions c'est quand il se penche sur le cataclysme monumental que représente l'arrivée d'un enfant au sein du couple. On passe du statut de couple à celui de famille, de couple conjugal à couple parental (comme disent les psy à la télé...) et rien n'est plus pareil, et ne sera jamais plus pareil. Tout l'enjeu tient dans l'équilibre à trouver dans l'énergie et le temps que l'on va allouer à chaque entité : moi, mon conjoint, mon couple et notre enfant. Aucun des quatre ne doit être lésé. Le personnage de Jon Hamm résume très bien la situation lorsqu'il dit "Quand tout était au top, notre couple était au top; quand on est devenu une famille, notre couple a explosé".
Friends with kids m'a beaucoup fait penser aux petites comédies sympathiques réalisées par Edward Burns dans les années 90. C'est certes très bobo, très New York style, très intello et très écrit. Jennifer Westfeldt est tellement botoxée qu'elle arrive à peine à sourire, Megan Fox est un joli brin de fille qui sait jouer autre chose que les bombes blockbusterisées, les mecs sont attachants et l'histoire se laisse voir jusqu'au bout sans déplaisir même si on sait déjà comment tout ça va se terminer.
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Réal. Jennifer Westfeldt
Avec: Jennifer Westfeldt, Adam Scott, Jon Hamm, Kristen Wiig, Maya Rudolf, Edward Burns, Chris O'Dowd, Megan Fox, etc.
Julie et Jason ont la trentaine bien tassée et sont BFF (les meilleurs amis du monde). Leurs deux couples d'amis les plus proches se sont lancés dans l'aventure de la parentalité avec plus ou moins de bonheur... En les observant, Julie et Jason en viennent à la conclusion que romantisme et enfants ne font pas bon ménage et que mieux vaut faire et élever un enfant avec quelqu'un(e) de bien dont on n'est pas amoureux, tout en continuant de chercher la passion amoureuse dans d'autres bras. Ils décident donc d'avoir un enfant ensemble sans être ensemble.
Le point de départ de cette comédie de moeurs US penche ostensiblement du côté du déjà vu (et le point d'arrivée aussi du reste). C'est ce qui se passe entre les deux qui vaut qu'on s'y attarde. Le non-couple de parents formé par Adam Scott et Jennifer Westfeldt (madame Jon Hamm à la ville) a droit aux réflexions et commentaires de leurs familles et de leur entourage tout comme les couples de parents classiques mais ils ont l'air de s'en sortir beaucoup mieux au quotidien, au final, en terme d'organisation et de partage des tâches. Serait-ce parce que leur quotidien n'est pas baigné (biaisé ?) par le sentiment amoureux ? Mais combien de temps peut-il rester à distance ce sentiment amoureux justement une fois qu'on se rend compte qu'on fait mieux que les autres, qu'on a quand même un enfant ensemble et que ce n'est pas rien ?
Là où le film est intéressant et pose de bonnes questions c'est quand il se penche sur le cataclysme monumental que représente l'arrivée d'un enfant au sein du couple. On passe du statut de couple à celui de famille, de couple conjugal à couple parental (comme disent les psy à la télé...) et rien n'est plus pareil, et ne sera jamais plus pareil. Tout l'enjeu tient dans l'équilibre à trouver dans l'énergie et le temps que l'on va allouer à chaque entité : moi, mon conjoint, mon couple et notre enfant. Aucun des quatre ne doit être lésé. Le personnage de Jon Hamm résume très bien la situation lorsqu'il dit "Quand tout était au top, notre couple était au top; quand on est devenu une famille, notre couple a explosé".
Friends with kids m'a beaucoup fait penser aux petites comédies sympathiques réalisées par Edward Burns dans les années 90. C'est certes très bobo, très New York style, très intello et très écrit. Jennifer Westfeldt est tellement botoxée qu'elle arrive à peine à sourire, Megan Fox est un joli brin de fille qui sait jouer autre chose que les bombes blockbusterisées, les mecs sont attachants et l'histoire se laisse voir jusqu'au bout sans déplaisir même si on sait déjà comment tout ça va se terminer.
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