jeudi 18 mars 2010

La mort en direct ? Je boycotte !

Hier soir France 2 diffusait son "jeu" télévisé de la mort qui tue, basé sur l'expérience scientifique de Stanley Milgram, un psychologue américain qui avait démontré à l'époque de Kennedy que plus de 60% des gens ne se rebellaient pas contre une autorité qu'ils estimaient légitime (en se basant sur quoi ?) même si celle-ci exigeait d'eux des actions de torture pouvant entraîner la mort.

Dès que j'ai entendu parler de ce programme, j'ai pensé au film "Le prix du danger" (1983) d'Yves Boisset avec Gérard Lanvin, Michel Piccoli et Marie-France Pisier. Il y a 27 ans, c'était de la fiction, aujourd'hui on est à la limite. Ensuite je me suis demandé pourquoi le service public avait accepté de diffuser un programme pareil : pour dénoncer les dérives de la télévision sur nos pauvres cerveaux de moins en moins disponibles ? ou... pour tester le potentiel d'audimat de ce genre d'émission ? Jeu dangereux.

Du coup j'ai boycotté. Hors de question que je cautionne une dérive cathodique qui irait dans ce sens. Et a priori je ne suis pas la seule vu que France 2 n'a fait que le 3e audimat de la soirée, derrière la série policière de TF1 et le téléfilm de France 3. Bien fait. Pourtant ils nous avaient sorti l'artillerie lourde : une présentatrice au physique de mannequin fort agréable à regarder, un matraquage médiatique dans quasiment tous les programmes du service public depuis deux semaines (y compris au JT !). Ils ont mis la dose. Mais ça n'a pas suffi. Tant mieux. Pour l'instant du moins (pourvu que ça dure), les gens ne veulent pas voir quelqu'un souffrir gratuitement, même s'il ne sait pas que 2 et 2 font 4 ou que Washington est la capitale des Etats-Unis ou ne répond carrément rien à une autre question de culture générale.

On ne veut pas voir ça pour l'instant mais combien d'années nous faudra-t-il pour y arriver ? Ce jeu-là est quand même bien inquiétant...
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lundi 15 mars 2010

Critique du film "Nine"

Genre: nein (note: */****)

Réal. Rob Marshall
Avec Daniel Day-Lewis, Penelope Cruz, Kate Hudson, Marion Cotillard, Nicole Kidman, Judy Dench, Sofia Loren, Fergie, etc.

Non, Rob Marshall n'est pas le "nouveau" Bob Fosse. Avoir un cast pareil et en faire ça ??? Avoir Daniel Day-Lewis et se contenter de lui faire fumer une cigarette et prendre l'air vaguement déprimé pendant tout le film... Quel gâchis !

La cinématographie ne rend même pas justice à la beauté des actrices. Nicole Kidman est inexistante, Fergie est encore plus vulgaire que d'habitude (c'est dire). Penelope Cruz est celle qui a la partition la plus intéressante mais de là à la nommer pour un Oscar il faut que l'Académie ait bien manqué d'imagination... Le meilleur moment du film est sans aucun doute le numéro de Kate Hudson : ça pulse, ça bouge, ça donne des fourmis dans les jambes et des envies de se lever de son siège pour se trémousser en rythme (endiablé) avec elle ! Elle se donne à fond, elle aime ça et ça se voit. Elle danse, elle chante, elle y met tout son coeur et tout son talent.

Merci Kate, grâce à toi on ne s'est pas (trop) ennuyé. Pour le reste... on peut passer.
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mardi 9 mars 2010

Critique du film "The Ghost Writer"

Genre: very few good men (note: ***/****)

Réal. Roman Polanski
Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall, Tom Wilkinson, etc.

Dès la première image le ton est donné : ce sera grisaille et sobriété. L'action se passe sur une île venteuse et quasi-déserte de Nouvelle Angleterre, au large de Boston. Là, vit un ancien Premier Ministre britannique, cloîtré dans une maison high-tech comme on s'enterre dans un bunker. Il est entouré de son ancienne équipe du 10 Downing Street avec à sa tête son ancienne assistante personnelle (surprenante Kim Cattrall tout en sobriété dans une performance à l'opposé de la flamboyante Samantha Jones de Sex & the City) et accueille le nouveau "ghost writer" qui va être chargé de terminer le manuscrit de ses mémoires, laissé en plan pour cause de mort soudaine et inexpliquée du ghost writer précédent, finalement plus ghost que writer...

On se rend vite compte que les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être et on suit l'enquête obstinée du nègre avec autant d'appréhension et de curiosité que lui. On découvre en même temps que lui les pièces du puzzle, une par une. Le suspens et le mystère sont à couper au couteau. A chaque scène, à chaque coin de rue, à chaque virage d'une route ventée et déserte, on s'attend à sursauter. On ne sursaute pas, on est juste happés par cette quête intense et passionnante de la vérité. Qui est qui ? Qui manipule qui ? On ne le saura vraiment qu'à la fin.

Le film dresse un portrait des hommes de pouvoir au plus haut niveau de l'état, britanniques en particulier, à vomir. A la solde de la Maison Blanche, une simple marionnette sans épine dorsale, ni idéaux, ni valeur morale.

Ewan McGregor porte le film sur ses épaules et il en a la carrure : il est parfait, toujours juste entre scepticisme, méfiance et soif de vérité. Au final, il n'aura pas fait le bon dosage entre les trois. Mais le film tient aussi et surtout par son supporting cast tout simplement fabuleux. Olivia Williams est ambigue à souhaits, entre épouse trahie et manipulatrice de l'ombre, on hésite (presque) jusqu'au bout. Tom Wilkinson, un acteur spécialisé dans les seconds rôles de la trempe d'un Gene Hackman. Il n'a que quelques scènes mais elles sont clés et il y est impeccable comme d'habitude. Quant à Pierce Brosnan, il réussit à nous faire oublier tout son capital sympathie 007 pour n'apparaître que comme un pion aux ordres de Washington, tentant désespérant de redorer son blason en réinventant ses souvenirs pour écrire ses mémoires.

Le monde tel que Polanski nous le décrit ici ne donne pas beaucoup envie d'y vivre... Une poignée de businessmen milliardaires en voulant toujours plus, prêts à toutes les corruptions, à tous les mensonges, à toutes les manipulations, à tous les crimes pour se hisser toujours plus haut sur l'échelle de leur compte en banque. Et à leur solde, des politiciens verreux qui ont oublié depuis longtemps qu'ils s'étaient peut-être un jour lancés dans la politique pour faire quelque chose de bien. Où sont-ils les vrais hommes (ou femmes) d'honneur, de valeur, de courage ? Où sont-ils donc...
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dimanche 3 janvier 2010

Critique du film "Pas si simple" (It's complicated)

Genre: comédie romantique à l'américaine (note: **/****)

Réal. Nancy Meyers
Avec Meryl Streep, Alec Baldwin, Steve Martin, Lake Bell, etc.

Nancy Meyers aime bien nous raconter que l'amour (sentimental et physique) n'est pas réservé aux moins de 40 ans. Elle avait commencé avec "something gotta give" avec Diane Keaton et Jack Nicholson, elle continue ici. Ce qui ne change pas non plus c'est l'univers dans lequel ses personnages évoluent : très BCBG, upper middle class, pas un noir à l'horizon, pas une herbe qui dépasse du jardin de Meryl Streep, des belles voitures, des belles maisons, des jolies fringues, pas l'ombre d'un problème d'argent. On est chez Alice in WASPerland. Tout est beau et rien ne vient "heurter" nos mirettes, mais bon après tout pourquoi pas, ce monde-là existe aussi.

L'histoire est sympa, les acteurs sont tous très bien (heureusement avec un casting pareil), on rit beaucoup, l'humour fait mouche. Meryl Streep est une très belle femme pour son âge et en fait trois fois moins que Diane Keaton ce dont on lui est infiniment reconnaissant. Alec Baldwin est parfait dans son rôle de playboy vieillissant et bedonnant (j'aurais pu écrire bouffi d'alcool mais bon, j'aime bien Alec Baldwin en tant qu'acteur) qui se redécouvre un coeur battant pour la mère de ses grands enfants dont il a divorcé pour épouser une bombe (Lake Bell) de 30 ans sa cadette. Quant à Steve Martin, il est plus sobre que les personnages qu'on lui connaît habituellement et ça passe, on y croit.

Globalement, j'ai passé un excellent moment. Certes ce film n'est pas un chef d'oeuvre et il est sans doute vite vu et vite oublié mais on en ressort de bonne humeur et, après tout, c'est toujours ça de pris.
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Critique du film "Avatar"

Genre: ICU (note: */****)

Réal. James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, etc.

C'est l'histoire des cow-boys et des indiens, encore et encore. En 3D: décevant, déja vu, démago. Y'en a marre de nous montrer toujours les mêmes histoires des américains qui convoitent un trésor dans un pays ou une planète étrangers et qui, pour y accéder, se débarassent purement et simplement des autochtones sans se poser de question. Tout ça on le sait, pas besoin d'un James Cameron pour nous remettre le nez dedans en nous faisant bien comprendre que c'est mal, en dépeignant les américains comme des barbares sans cerveau et les indigènes comme des créatures pures et innocentes qui ont tout compris à la Vie (avec un grand V). Et puis y'en a marre que les américains nous donnent sans arrêt dans les films des leçons d'humanité qu'ils sont incapables d'appliquer dans la vraie vie.

Heureusement j'ai vu la version 3D, ce qui m'a permis de trouver un intérêt à ces 2h50 d'histoire cucu-la-praline. Sans la 3D je me serais sérieusement ennuyée. Et 2h50 c'est long... Dommage car James Cameron est un réalisateur que j'aime bien. J'avais adoré "Abyss", beaucoup aimé "Titanic" et "Terminator". Tant pis.
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samedi 12 décembre 2009

As-tu mal Johnny, Johnny ?

Je ne suis pas particulièrement fan de Johnny Hallyday mais on peut dire que oui, c'est un monument. Il fait partie de "l'identité nationale française" puisque le terme est à la mode en ce moment. Alors Johnny est-il au bout de la route 66 ? Johnny va-t-il passer les fêtes ?

Je crois que je serais triste oui, si Johnny nous quittait déjà. Il a l'âge de mon papa. Je n'ai jamais acheté qu'un seul album de Johnny : Gang. Parce qu'il était écrit et composé par Jean-Jacques Goldman dont j'étais une fan absolue à l'époque. Mais les chansons de Johnny ont bercé toute ma vie. Ma maman m'a toujours répété à l'envi que quand elle avait 14 ans (ou 16 je ne sais plus) et lui guère plus mais déjà vedette, elle avait eu le privilège d'aller le voir dans sa loge après un concert et il l'avait assise sur se genoux ! Oui Madame. Ma maman à moi sur les genoux de Johnny Hallyday. Forcément après ça, le mythe avait pris une tout autre dimension à mes yeux.

Johnny c'est une voix, je le reconnais. Une sacrée personnalité, un charisme, une présence. Des shows à l'américaine, une vie privée chaotique avec quelques jolis moments, des histoires de drogue, des interviews pas toujours à la hauteur, des costumes de scène discutables, la rock'n'roll attitude.

On a tous quelque chose en nous de Johnny, et c'est un peu tôt pour qu'il rejoigne déjà là-haut Michel Berger.
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samedi 12 septembre 2009

Critique du film "Les regrets"

Genre: de battre son coeur s'est arrêté (note: **/****)

Réal: Cédric Kahn
Avec Yvant Attal, Valéria Bruni-Tedeschi, Philippe Katerine, Arly Jover, etc.

Dans le genre amour fou retrouvé 15 ans plus tard François Truffaut avait donné le la avec "la femme d'à côté". Le film de Cédric Kahn aurait presque pu s'appeler "l'homme d'à côté". Sauf que Mathieu (impeccable Yvan Attal) ne vient pas d'emménager dans la maison voisine de celle de Maya, non. Il est simplement revenu dans la ville de son enfance pour être aux côtés de sa mère mourante et là, dans la rue, sortie de nulle part, il revoit Maya, son amour de jeunesse et dans cet instant fugitif (ils ne se parlent pas, se regardent seulement) de battre son coeur s'est arrêté.

Peut-on recoller les morceaux d'un amour brisé 15 ans plus tôt ? Peut-on vraiment croire à une seconde chance ? Mathieu veut y croire et va tout faire pour reconquérir Maya, jusqu'à risquer tout ce qui fait sa vie : sa femme (superbe, intelligente, qui l'aime, le comprend), son cabinet d'architecte, sa fierté, sa raison. Contrairement au "Partir" de Catherine Corsini, ici on croit à tout. On n'a rien vu de l'histoire d'amour de jeunesse de Maya et Mathieu mais dès le premier frôlement fébrile on sent la passion, la tension, les battements de coeur qui s'accélèrent, le vertige. On lit leur histoire passée dans leurs gestes, leurs baisers, leurs regards. Quand Maya change brutalement d'avis en quelques minutes et remet tout en question : on y croit. Quand Mathieu court après elle parce qu'il ne supporte pas l'idée de se passer d'elle, pas plus qu'il ne pourrait vivre sans oxygène : on y croit.

L'amour de Mathieu pour Maya est fou, vampirisant, irréel, déraisonné. Alors que l'amour que lui porte sa femme (Arly Jover, très très bien) est concret, batisseur, solide, à l'image de cette présentation qu'elle fait à un ponte du Conseil Général d'une maquette de son mari. Elle y met son coeur et sa tête, elle construit son amour tandis qu'en parallèle Mathieu est en train de détruire leur vie.

Il faut entrer avec lui dans cette folie, le laisser nous emporter, faute de quoi on risque de rester complètement hors du film et de passer à côté. Ce serait dommage car c'est un beau film. Et Cédric Kahn a l'intelligence de nous laisser écrire la suite nous même en terminant son film sur une scène "ouverte".
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